Les images de l'époque en disent long. Pendant un demi-siècle, entre 1883 et la fin des années 1930, l’île de Groix est le 1er port français d’armement au thon germon, le thon blanc. Entre 1911 et 1914, la flotte connaît son apogée avec 280 Dundees, ces voiliers de pêche typiques de l'île et 1800 marins inscrits au quartier maritime ! C’est dire si il y avait de l'activité à l'époque à Port-Tudy.  Eugène a 83 ans, mousse dès l’âge de 13 ans sur le  “ Père Guérin ” il se souvient. 

Juste avant la 1ère Guerre,  Groix compte près de 6 000 habitants. Et tous travaillent sur l'île. Deux conserveries sont déjà en activité, une à Port Tudy, l'autre à Port-Lay. Il y a du travail sur l'île, pour les femmes notamment qui ne vont pas en mer. Les cafés sont presque tous assortis d'une épicerie, on va rarement à Lorient et l'île ne connait pas encore le tourisme.  De ce passé glorieux, Groix garde quelques bâtiments : l'actuel Ecomusée ou l'Hôtel Ty Mad, autrefois conserverie et magasin. Yvon est enfant lors des dernières campagnes de pêche à la voile, au début des années 60. 
 

Pourquoi les si jolis “ Dundees “ - leur nom viendrait de l’anglais  “ Dandy “ pour “ élégant ”, ont-ils fait la renommée et la richesse de l’île. Jo Le Port est une des figures de Groix. Ancien marin passionné d’histoire locale, il a son idée sur la question.  

 

La pêche au thon à la voile s’arrête à Groix en 1962 pour les marins professionnels. Pour les amateurs, il reste Le Biche. Presque entièrement reconstitué grâce au courage et à l’endurance de quelques passionnés réunis en association, le dernier Dundee groisillon propose des sorties en mer depuis 2012. Au bout de ses tangons se balancent à nouveau les lignes où les thons viennent encore mordre à l’hameçon.

 

Bonus Port-Tudy
Quand Eugène, le mousse, est resté " encalmé " avec l'équipage du thonier " Le Père Guérin " au large des Açores.